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jeudi, 29 mai 2014 09:04

Baromètre Ernst & Young sur l'attractivité de la France 2014

Publié dans Communiqués de presse

Avec 514 investissements étrangers en 2013 (contre 471 en 2012), la France semble inverser la tendance à la baisse observée depuis 2010. Cette augmentation de 9% constitue néanmoins une performance relative. Le pays reste à la 3ème place sur le podium européen et se laisse distancer par la Royaume-Uni (799 implantations, +15 %) et l’Allemagne (701, + 12%) qui bénéficient plus nettement du redressement de l’Europe, destination rassurante pour les investisseurs internationaux face aux oscillations des économies émergentes.

En Europe, on recense 3 955 investissements dans 42 pays, qui ont généré plus de 165 000 emplois, dont 14 122 en France (pour 10 542 en 2012, soit + 34%). Si cette progression de l’Hexagone est à noter, elle demeure à relativiser au regard de la situation du marché français de l’emploi et aux fermetures de sites qui ont marqué l’année 2013.

« Il est indéniable que la France a réussi à se maintenir comme l’une des trois destinations majeures en Europe pour les investissements étrangers. En renouant avec ses niveaux de 2010, la perspective s’avère plutôt encourageante. Cependant, elle ne parvient pour l’instant pas à convaincre autant que l’Allemagne et le Royaume-Uni qui incarnent la flexibilité, la compétitivité et la capacité exportatrice, que recherchent les investisseurs en ce moment. Sans être perçue comme une destination totalement défaillante, la France n’est pas considérée comme une destination déterminante », analyse Marc Lhermitte, Associé EY, et auteur du Baromètre Attractivité.


Des secteurs moteurs de croissance, mais peu créateurs d’emplois
Comme dans le précédent Baromètre, la France reste à la première place européenne pour les implantations industrielles qui connaissent une légère hausse (166 projets en 2013 contre 127 en 2012). Face au spectre de la désindustrialisation, la destination France conserve son attrait logistique et sa forte concentration de donneurs d’ordres mondiaux. Mais ces implantations génèrent peu d’emplois : la France se classe 8ème pour les emplois industriels avec 29 postes par projet, contre 86 au Royaume-Uni et 32 en Allemagne, mais aussi 230 en Roumanie par exemple.

L’énergie, les transports, le numérique sont, pour les 206 dirigeants interrogés sur l’attractivité future de la France, des secteurs moteurs de croissance. Cependant, malgré un fléchissement qui suit la reprise européenne (39 projets de R&D en 2013 contre 26 en 2012), la France ne parvient pas à se démarquer du Royaume-Uni et de l’Allemagne pour les activités innovantes, ni pour les sièges sociaux (5ème place européenne avec 18 projets en 2013).

Avec plus de la moitié des projets, ce sont d’abord les entreprises européennes qui misent sur l’Hexagone, suivis par les américaines (26% des projets). Cette confiance européenne et la tempérance américaine ne masquent pas une autre réalité : les choix des investisseurs en provenance des BRIC. Ces économies à croissance rapide font preuve de réserve à l’égard de la destination France. Leurs implantations ont peu progressé (19 en 2013 contre 14 en 2012), alors qu’elles ont fortement augmenté en Allemagne (107 en 2013 contre 64 en 2012) et poursuivi leur croissance au Royaume-Uni (87 en 2013 contre 71 en 2012).

Pour Marc Lhermitte, ce choix stratégique des BRIC est révélateur : « Ces acteurs, qui incarnent la globalisation et sont les nouveaux clients de l’Europe, distinguent clairement l’Allemagne et la Royaume-Uni comme têtes de pont de leur conquête européenne, et ce au détriment de la France. Leurs décisions cristallisent la perception d’une France moins ouverte à la globalisation et en déficit de compétitivité».

Agir et Convaincre : l’impératif d’attractivité
Si 34% des investisseurs interrogés en février 2014 considèrent que l’attractivité française va progresser, ce résultat demeure bien en retrait face à ceux de nos voisins britanniques (54%) et allemands (49%). Là où le Royaume-Uni se différencie par son coût du travail et son hyper flexibilité, l’Allemagne par sa force industrielle et sa puissance exportatrice, la France reste perçue comme un pays à fiscalité et coût du travail trop élevés (respectivement pour 43% et 34% des investisseurs) et un environnement des affaires trop complexe (32%).

Mais dans leur analyse de la France, les investisseurs révèlent aussi les avantages concurrentiels du pays. A commencer, et il s’agit d’un point déterminant, par  la capacité d’innovation de la France (39% et 1er atout pour les investisseurs), mais aussi de ses champions sectoriels (32%). Ensuite, la vitalité des régions françaises est soulignée : si l’Ile-de-France et Rhône-Alpes s’affichent en tête des préférences des investisseurs, PACA, l’Alsace et le Nord-Pas-de-Calais progressent cette année. Parallèlement, les métropoles (le Grand Paris étant à part avec son statut de région-capitale) qui conjuguent des pôles universitaires, scientifiques, industriels et culturels à l’image de Lyon, Marseille, Lille ou Toulouse sont des destinations remarquées par les investisseurs et semblent en partie échapper à la crise. C’est dans ces pôles urbains, de taille européenne, que la diversité sectorielle française (énergie, transports, technologies, environnement, services) est la plus à même d’innover et de stimuler le souffle entrepreneurial : deux qualités également saluées comme porteuses d’avenir en France.

« Avec la mondialisation, l’attractivité n’est plus en France un indicateur parmi d’autres voire une question périphérique. Son importance a été signifiée par la réunion du Conseil stratégique de l’attractivité par le Président de la République le 17 février dernier à l’Elysée en présence de 30 entreprises internationales opérant sur notre territoire. Il y a bien une urgence de l’attractivité pour la France, mais elle s’accompagne d’une perspective. Notre pays peut contribuer à la globalisation et en tirer parti s’il parvient à retrouver de la compétitivité et de la flexibilité. Sa mue économique est sans doute moins marquée que celle du Royaume-Uni et de l’Allemagne, elle n’en est pas moins réelle. Les résultats du Baromètre le prouvent, les investisseurs perçoivent les atouts de la France. Il y a urgence maintenant à agir et convaincre pour qu’ils fassent la différence » estime Jean-Pierre Letartre, Président d’EY en France.

Note méthodologique :
Le baromètre 2013 de l’attractivité du site France s’articule autour d’une double analyse :

  • d’une part, l’analyse des grandes évolutions des flux d’investissements étrangers en Europe et en France. La base de données « EYEuropean Investment Monitor 2014 » recense le nombre d’implantations sur site. Pour les besoins de l’analyse, des sources complémentaires reconnues sont également utilisées : CNUCED, Eurostat, INSEE...
  • d’autre part, l’analyse de la perception et des attentes des grands décideurs internationaux à travers une enquête conduite par l’institut CSA qui interroge par téléphone les décideurs internationaux selon le système CATI – Computer Assisted Telephonic interviews.


Du 3 au 18 février 2014, ce sont 206 dirigeants d’entreprises qui ont été interrogés, dans 26 pays différents et dans 3 langues. L’échantillon des entreprises interrogées est issu de diverses origines géographiques, mais en grande partie (52 %) d’Europe occidentale. Ces entreprises de tailles variées par leur chiffre d’affaires et représentées par des postes divers offrent un reflet pertinent du tissu économique français et de ses grands secteurs d’activité.

Méthodologie de recensement des implantations de projets et des créations d’emplois
Depuis 1997, EY, en partenariat avec le cabinet Oxford Intelligence, recense le nombre d’implantations de projets d’investisseurs étrangers sur chaque territoire, prenant en compte uniquement les annonces publiques et fermes d’investissements porteuses de créations d’emplois nouveaux.

D’autres méthodes peuvent être utilisées pour le recensement de ce type de projets, comme celle de l’Agence Française pour les Investissements internationaux (AFII). L’AFII recense, en plus des emplois créés, les emplois « maintenus » par les investisseurs étrangers en France. De plus, elle présente les créations et les sauvegardes d’emplois projetés sur 3 ans, alors que l’EIM se concentre sur les données au démarrage des projets et ce, dans tous les pays européens. Enfin, l’écart s’explique par la nature des projets retenus par l’AFII qui ne le sont pas forcément par l’EIM (hôtellerie, distribution, restauration...).

Globalement, les tests de qualité et les croisements réalisés auprès des entreprises pour la constitution de la base de données EIM permettent de garantir un niveau d’exhaustivité et de comparabilité unique en Europe.

source: EY

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