La santé et la sécurité au travail deviennent une préoccupation croissante des entreprises et des partenaires sociaux car, au-delà des enjeux économiques et juridiques, ces questions répondent à des impératifs humains et sociaux.
Une prise de conscience est en train de s’opérer sur l’importance de la santé au travail comme facteur de bien-être dans la société, comme déterminant structurant de la santé publique et comme objectif essentiel d’une conception globale du management fondée sur la valorisation du facteur humain, dans sa dimension à la fois individuelle et collective.
Cette prise de conscience s’est avérée tardive, en raison de la réticence ou de la difficulté à évaluer les risques d’altération de la santé liés aux conditions et à l’organisation du travail. Elle s’accélère du fait de la croissance constatée des risques psychosociaux et de leur retentissement médiatique. En sensibilisant l’opinion publique et en atteignant l’image des entreprises, ceux-ci mettent en lumière les conséquences nocives de l’imbrication de multiples formes d’intensification ou de flexibilisation du travail et de certains modes de management.
Cette prise en compte plus affirmée est le fait tant des pouvoirs publics que des partenaires sociaux, comme en témoignent notamment le mouvement amorcé de réforme des services de santé au travail, l’accord national interprofessionnel sur le stress et la violence en entreprise de 2008 et le deuxième Plan santé travail 2010-2014 (PST2).
De même, les grands réseaux publics de prévention et les partenaires sociaux se sont engagés dans la promotion des systèmes de management de santé et de sécurité au travail. Du côté des organismes de prévoyance et d’assurance complémentaire, une attention nouvelle s’est aussi faite jour et progresse rapidement. Elle vise plus les aspects comportementaux individuels sur le lieu de travail qu’une approche collective de la santé au travail. Les premiers retours d’expériences à l’étranger, notamment dans les pays anglo-saxons et au Québec, encouragent ces initiatives.
Cependant, une réelle difficulté subsiste pour de nombreuses entreprises à effectuer des diagnostics et à établir des repères. Pour cela, certaines d’entre elles se sont d’ores et déjà engagées dans une démarche de certification de leurs pratiques afin d’attester de la qualité leur organisation et de sa conformité aux exigences fixées par des référentiels. Aujourd’hui, la question se pose de savoir si ce mouvement qui prend de l’ampleur mérite d’être encouragé et mieux régulé par les pouvoirs publics.
Pour éviter toute confusion sur un sujet mal connu et d’une certaine technicité, il convient au préalable d’apporter deux précisions importantes quant à l’objet et au champ de la certification dans le domaine de la santé au travail.
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jeudi 1 juillet 2010



