Les premières Assises des Technologies Numériques de Santé se sont déroulées ce jeudi 26 novembre 2009 au Palais du Luxembourg à l’initiative de Gilbert Barbier, sénateur du Jura, d’Aromates et de nile, en partenariat avec l’Association des instituts Carnot et du Lesiss (Les entreprises des systèmes d’information sanitaires et sociaux) et sous le double patronage de Roselyne Bachelot-Narquin ministre de la santé et des sports et de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à la prospective et au développement de l’économie numérique.

« Ne ratons pas le virage du numérique en santé ! » Tel était le leitmotiv de cette manifestation qui a réuni de nombreux parlementaires, représentants des pouvoirs publics, des professions de santé et industriels autour de thématiques comme la 3D, la réalité virtuelle augmentée, le jeu vidéo à destination thérapeutique, le diagnostic et les soins à distance via la téléphonie mobile ou encore, la télé-santé.

Le Sénateur Jean-Claude Etienne après avoir rappelé en introduction que la Haute Assemblée avait introduit, dès 2004, la télé-santé dans le dispositif législatif a souligné en introduction « qu’une nouvelle ère de la pratique médicale s’ouvrait ».

Michel Gagneux, président de l’ASIP (Agence des Systèmes d’Information Partagés de Santé) a insisté sur « la révolution que constitue la nouvelle posture du patient citoyen face à sa santé » apportée par les technologies de l’information. Il a également souligné l’urgence de la mise en cohérence et en interopérabilité des systèmes d’information de santé encore organisés en silos. Il a également indiqué que l’appropriation de ces technologies tant par les professionnels de santé que par les patients était la condition incontournable de leur succès. Il a enfin rappelé que l’agence travaillait à encourager la naissance d’un cadre réglementaire stable, favorable au développement de ces technologies.

Le « serious game » a été au centre des débats de la première table ronde avec une impressionnante démonstration du logiciel « Pulse » d’apprentissage dédié aux urgentistes.

Florian Scotte, cancérologue à l’hôpital européen Georges Pompidou, a exposé les nombreuses applications du « serious game » tant dans le domaine du soin, que de l’accompagnement lors du retour à la maison et de la prévention mais aussi des technologies numériques de télédiagnostic et de gestion des informations nécessaires au suivi du patient et de son médecin traitant. La question du financement de l’innovation et du modèle économique de ces innovations reste néanmoins posée.

Yannick Plétan, Pfizer, a démontré l’intérêt d’un accompagnement et du soutien de son « réseau social » dans l’arrêt du tabac. Rafik Allaili, Pfizer, a présenté la plate-forme « smoking-out » de Pfizer, véritable réseau social dédié à l’accompagnement du fumeur dans sa démarche de sevrage tabagique.

Bernard Benhamou, Délégué aux Usages de l’Internet et à la tête du projet Proxima Mobile : « le smartphone sera la tête de pont des outils communicants », et constituera la plate-forme privilégiée qui permettra le développement de services sur mobiles qui deviendront vite indispensables à des millions de patients.

Patrice Cristofini, Orange Santé a rappelé la nécessaire prise en compte des questions de sécurité et de fiabilité des échanges dans le domaine de la santé.

Ghislaine Alajouanine, présidente de la commission Gallien : « En matière de télésanté, la maison brûle ! Il est temps de passer de l’expérimental à la phase de généralisation de ces pratiques. Les grandes avancées technologiques que nous avons évoqué tout au long de cet après midi, conjuguées avec une véritable volonté politique, déboucheront sur une transformation radicale de la société, comme on l’a connue dans les domaines des transports ou de l’énergie. Ce n’est pas en améliorant la bougie que l’on a inventé l’électricité. Il s’agit là d’une révolution du soigner. »

Jacques Marceau, Aromates, a rappelé dans sa conclusion que « Le développement des technologies numériques de santé est une formidable occasion de progresser dans la lutte contre la maladie. Elle est également, car la France est aux avant-postes dans nombre de ces domaines, un important facteur de développement économique. Encore faudrait-il que ce formidable élan ne soit pas brisé par un cadre législatif et réglementaire adaptés aux impératifs et aux contraintes d’un autre âge ! »